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De Belleville à la Villette
En descendant
la rue de Crimée…

Histoire de ma rue

Je me souviens

Ma classe

Flâner, glaner

 

Votre rue nous intéresse… 

Avec ses 2,5 km, la rue de Crimée est l’une des plus longues de Paris. Elle traverse en effet tout l’arrondissement du nord au sud, et constitue son artère principale. Ouverte en 1822, elle établissait une communication entre les routes royales de Paris à Maubeuge (actuelle rue de Flandre) et de Paris à Mayence (actuelle avenue Jean-Jaurès). En 1868, elle est prolongée jusqu’à la place des Fêtes et prend son nom actuel, en mémoire de la guerre de Crimée (1854-1856). Trait d’union des quartiers de Belleville la populo où flotte toujours un parfum communard, et de la Villette, l’ancien domaine des abattoirs de Paris, la rue de Crimée conduit à l’un des poumonts verts de la capitale : le parc des Buttes Chaumont. Dépaysement garanti. Du sommet au canal, visite guidée de la rue de Crimée.
Si la place des Fêtes a été défigurée par l’urbanisme, son marché à découvert n’a rien perdu de son charme. Par dessus le marché

Avec ses 120 mètres d’altitude, la place des Fêtes est le troisième point culminant de la capitale, après Montmartre et Belleville. Défigurée par des barres de béton et des tours de 24 étages, son aspect architectural n’est pas très flatteur. Nombreux sont ceux qui estiment que la place des Fêtes a été assassinée par des pseudo-urbanistes dans les années 60. Son charme essentiel réside dans son marché découvert, qui offre des produits réputés de qualité, notamment des poissons, des fromages et de la triperie. Il se tient les mardis, vendredis et dimanches de 7 heures à 13h30.

Les Buttes Chaumont, un peu de fraîcheur dans ce monde de béton brut…

Les Tuileries du peuple

La rue de Crimée longe sur 500 mètres, avec trois accès, l’un des plus beaux parcs de Paris. Il fût érigé sur d’anciennes carrières de plâtre dont le terrain chaotique et les profondes excavations furent conservées. En 1864, La Revue de Paris disait du parc de 27 hectares qu’il serait Les Tuileries du peuple. Un lac, un promontoire rocheux, une rotonde, des falaises de 50 mètres, des cèdres de l’Himalaya, des rochers, des ruisselets, une cascade et des pelouses verdoyantes font de ce parc un lieu romantique très agréable et reposant.

Au 83 de la rue de Crimée, la déco se tient à la baguette. Croissants et madeleines à tous les étals…

Voici une boulangerie-patisserie dont l’intérieur est classé Monument historique. Sa décoration date du début du siècle. A remarquer, le plafond couvert de peintures représentant des scènes champêtres sur fond de ciel bleu. Les gourmandises sont proposées de façon traditionnelle sur des grilles rondes, et le pain est aligné sur des présentoirs en fer forgé et cuivre. A ne pas rater : les confitures artisanales confectionnées au rythme des fruits des saisons et les madeleines maison. L’accueil est comme la pâtisserie : authentique !
Au détour d’un passage, les trésors de l'église orthodoxe Saint-Serge étonnent le promeneur.

La Galerie de l'office

A peine visible de la rue, cachée dans son écrin de verdure, cette église vaut vraiment le détour… Entrez au n°93, suivez le passage, et montez les marches qui vous mèneront à l’édifice. A l’origine, en 1861, temple destiné aux luthériens allemands, ce lieu de culte a été cédé à l’Institut de théologie orthodoxe en 1918. Les nombreux émigrants russes qui fuyaient la révolution bolchévique y trouvèrent refuge. Prenez le temps d’admirer toutes les peintures et les icônes de cette église étonnante. Les bâtiments voisins abritent l’Institut de théologie.

Les Magasins généraux, vieux entrepôts désafectés, recherchent repreneurs désespérement.

Stocks en attente

Construits entre 1845 et 1853, ces entrepôts étaient réservés au stockage du sucre, des graines et des alcools. Les deux bâtiments étaient reliés par une passerelle au niveau du troisième étage. Le pluriel n’est plus d’usage. Il n’en reste en effet qu’un aujourd’hui puisque sa réplique sur l’autre rive du canal de l’Ourcq a été détruite par un incendie en 1990. Avant cela, les entrepôts avaient été investi par des artistes. Ils ont servi de décor à Diva, film de Jean-Jacques Beinex. Depuis l’incendie, les lieux attendent une nouvelle affectation, vraisemblablement à caractère culturel.

Rareté technologique, le Pont de Crimée enjambe le canal.

 

 

 

 

 

 

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Un pont sous pression

A cet endroit, la rue de Crimée enjambe le canal de l’Ourcq. A l’origine tournant, le pont mobile, voisin des Magasins généraux, se lève pour permettre le passage des bateaux. Mis en service en 1884, c’est une vraie rareté technologique car c’est le premier pont à soulèvement parallèle hydraulique actionnée par l’eau sous pression. Une passerelle, accolée au pont, permet aux piétons de franchir le canal pendant les manœuvres. En haut de cette passerelle, vous apprécierez la superbe perspective sur le bassin de la Villette, et les colonnes décorées qui supportent d’énormes poulies.

Raoul Georger
(photos : Raoul Georger)

 

Accès : la rue de Crimée est desservie par quatre stations de métro : Place des Fêtes (ligne 7b), Crimée (ligne 7), Laumière (ligne 5) et Botzaris (ligne 7b). Elle est aussi accessible, pratiquement sur toute sa longueur, par la ligne de bus n° 60.