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Le certificat de vie commune

Une mairie pas comme les autres

L’interview de Lionel Povert, militant pour la cause des homos et des sans-papiers

L'interview de Jérôme Grand, directeur de cabinet de la mairie

Le PACS, mode d'emploi

 

Habitants du 19e, êtes-vous prêts à vous mobiliser pour le droit à la solidarité pour tous ? Vos réactions

 

Dans le 19e arrondissement, depuis 1995, une centaine de certificats de vie commune (CVC) ont été signé par le maire, Roger Madec. La procédure est simple : il faut faire une demande et justifier de sa domiciliation. Mais les effets ne sont que symboliques. D'ailleurs, ce sont exclusivement des couples homosexuels - 8 couples d'hommes, pour 2 de femmes - en quête d'une reconnaissance, même symbolique, qui ont fait cette démarche. Souvent, les couples se présentent avec des témoins, un peu comme s'il s'agissait d'un mariage. Pour Roger Madec, les certificats de vie commune doivent être une passerelle vers une reconnaissance légale des situations de concubinage. Cependant le CVC ne doit pas être confondu avec le Pacte civil de solidarité (PACS).

De la différence fondamentale entre le CVC et le PACS

La proposition de loi sur le PACS tend à instituer un cadre légal, ouvrant des droits et des devoirs, à ceux qui, vivant ensemble, formulent un « projet de vie commun », qu’ils entretiennent ou non une relation amoureuse. Le PACS ouvrirait des droits pour les couples en union libre, incluant le cas des couples homosexuels, mais dépasserait ce cadre, s’appliquant aux couples de pairs. En effet, des personnes âgées partageant quotidiennement leur vie pourront contracter un PACS. La proposition est novatrice sur plus d’un point.
Si à l’heure actuelle la loi accorde une certaine reconnaissance aux couples non mariées (en particulier dans des procès impliquant une assurance), la cour de cassation par un arrêt de 1989 restreint sa définition du couple à l’alliance d’un homme et d’une femme. Le CVC est aujourd’hui l’unique signe politique d’une reconnaissance à venir des couples homosexuels. S’il n’a pas de valeur juridique, il peut se révéler utile pour les allocations familiales, le logement ou la SNCF.

Sur le plan de la reconnaissance de la vie privée du couple homosexuel, le PACS serait largement fondateur

C’est pourquoi le Collectif des homosexuels sans papiers soutient cette proposition. Mais, selon Lionel Povert, fondateur du Collectif, son principal défaut est de ne pas "mettre les pieds dans le plat", en évitant de nommer les homosexuels. Ce n’est cependant pas l’avis du Collectif pour le contrat d’union sociale et le PACS, né il y a 7 ans : l’objet du PACS n’est pas de masquer la reconnaissance des couples homosexuels, mais d’inventer autre chose que le mariage. Or cette position d’avant garde soulève de nombreuses questions.


Pour toute une partie du monde politique, juridique et religieux, le PACS pourrait être un danger pour le mariage

C’est pourquoi le lieu stratégique de signature pose problème : Elisabeth Guigou refusant pour le moment que le PACS s’établisse en mairie. Pour d’autres opposants, le PACS serait un mode légal de caution de l’inceste. C’est probablement pour contrer cette polémique que les frères et sœurs, comme les ascendants et descendants, en sont exclus.
D’autres, parmi lesquels les juges et les avocats, craignent que le PACS ne permette d’attribuer la garde des enfants, après séparation, à un couple d’hommes ou de femmes. Le PACS relance donc le débat sur les modèles d’éducation et plus largement sur l’homosexualité.
De plus, quelles seront les règles de succesion applicables suite à un PACS ? Et suivant quels délais ? De même, comment définir les régles de rupture du PACS sans empreinter les mêmes stratégies que le mariage, donc en excluant le recours à la notion de faute ? Sur ces points la polémique n’est pas close, chaque acteur attendant l’ouverture de la session parlementaire pour affuter ses arguments.
A terme, on peut se demander si le débat sur le PACS n’entraînera pas à plus longue échéance un autre débat, sur le mariage lui-même.

Charlotte Lessana

Collectif pour le Contrat d’Union sociale et le Pacte civil de solidarité.
3, rue Henri Ranvier 75011 hhtp://www.club-internet.fr/perso/ccucs


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